Un verre de lait et un cookie

Produits laitiers : mettez-vous votre santé en danger en buvant du lait ?

« Bois ton verre de Lait si tu veux grandir ».

Quand j’étais un petit garçon, et pendant toute mon adolescence, mes parents, soucieux de ma santé et de ma croissance, mais également mes professeurs d’école ou encore mon médecin m’ont toujours recommandé la consommation de lait et autres produits laitiers.

Après tout, comment pouvais-je espérer grandir, avoir des os solides ou encore devenir un sportif au niveau respectable sans boire quotidiennement un grand verre de lait et manger mes yaourts ? Si je voulais devenir aussi grand et fort que Bruce Wayne, je devais boire plus de lait.

Lait : le secret pour devenir Batman?

 

Ça ne me posait aucun problème, et ça ne m’en pose toujours pas. Le fait est que j’aime le lait. J’aime aussi les yaourts, les fromages, la crème, et il semble que je ne sois pas intolérant.

Pourtant, j’ai choisi depuis quelques années de diminuer drastiquement ma consommation de laitages. Pourquoi ? Parce que tout ce que je croyais sur le lait n’était pas fondé.

Les produits laitiers peuvent en réalité représenter un poison pour une grande partie des gens qui les consomment, et être liés à certaines maladies et cancers.

Mais comment savoir, en regardant la télé chaque jour, en allant à l’école ou en écoutant son médecin que les produits laitiers sont dangereux ? Vous ne pouvez pas. Nous sommes chaque jour exposés à des pubs sur le rôle indispensable des laitages pour avoir des os solides et grandir, et encore trop de médecins nous comptent la même histoire.

Heureusement, quelques humains courageux ont choisi de contrer la tendance, et d’analyser scientifiquement les effets réels du lait sur la santé. Je vais donc vous rapporter le fruit de leur travail, et vous exposer la véritable identité du lait.

Entrons au pays des vaches.

Sommaire :

Qu’est-ce que le Lait?
Les bienfaits « mythiques » des produits laitiers
Des bienfaits non prouvés
L’industrie laitière : les profits avant la santé
Et l’homme survécut des millions d’années sans lait
La réalité niée et enterrée : le lait pourrait favoriser maladies et cancers
Le lait industriel moderne : un lait encore plus déséquilibré
De quelle quantité de calcium avez-vous besoin? Où le trouver ailleurs que dans les laitages?
Finalement, devez-vous boire du lait?

 

Récipients remplis de lait

 

Qu’est-ce que le Lait ?

Comme vous le savez, le lait est un liquide de couleur blanche produit par les mammifères femelles, et il a pour rôle de nourrir le nouveau né jusqu’à ce que celui-ci puisse digérer d’autres aliments.

Vu l’importance de son rôle dans notre existence, il convient d’en analyser la composition :

  • 87% du lait est en fait de l’eau
  • 13% du lait est un mélange de plusieurs matières
    – de la matière grasse
    – des protéines (80% de caséine, 20% de séroprotéines)
    – du sucre, le lactose.
    – D’autres composants et vitamines : sels minéraux, enzymes, calcium, phosphore, magnésium, potassium, sodium, vitamines A, E, D, B, B12.

Je vous ai présenté les composants du lait car nous reviendrons par la suite sur deux d’entre eux en particuliers, j’ai nommé le calcium et le lactose.

Remplir un verre de lait

 

Les bienfaits « mythiques » des produits laitiers

« En buvant votre verre de lait et en mangeant vos yaourts à chaque fin de repas, vous aurez des os solides ! » Qui n’adhère pas ou n’a pas adhéré à cette croyance en France ? Sans doute personne.

Et pourquoi penser autrement ? Tout le monde semble d’accord sur les bienfaits des laitages. La preuve en image, Gaël Monfils n’aurait jamais atteint son niveau actuel sans lait, comme le prouve cette pub de l’industrie laitière :

Le rôle du lait dans l’obtention de calcium et la solidité de nos os est en effet l’argument principal de l’industrie laitière et des agences sanitaires pour nous en recommander la consommation. Sans lait, pas de calcium, pas d’os solides, et des blessures à répétition.

Mais ce n’est pas tout. En buvant du lait, ou en mangeant des yaourts enrichis en calcium et autres dérivés, vous pourrez :

  • Diminuer votre risque de cancer du colon
  • Améliorer votre digestion
  • Améliorer votre immunité
  • Et même mincir !

Quel aliment parfait. On aurait presque envie de se nourrir exclusivement de produits laitiers.

Le seul petit bémol, c’est qu’absolument aucun de ces bienfaits prétendus n’est prouvé scientifiquement, et qu’outre un apport de calcium, le lait n’a pas grand-chose à vous apporter pour faire de vous un super héro.

Une bouteille de lait

 

Des bienfaits non prouvés

Dans son livre « Lait, Mensonges et Propagande » [1], Thierry Souccar, qui a dédié plusieurs années de sa vie à étudier ce produit à la base de notre mode de consommation, révèle de nombreuses vérités sur les produits laitiers.

L’auteur nous montre que toutes les études censées prouver les bienfaits du lait sont soit non valides (méthodes scientifiques approximatives, échantillons non significatifs, biais, absence de groupe de contrôle) soit fausses (la reproduction d’une étude donne des résultats différents). Sans compter que dans la plupart des cas, les études appuyant les bienfaits du lait ont été financées par l’industrie laitière, ou ont été réalisées par des scientifiques ayant des intérêts économiques liés à l’industrie.

Dans les faits, il n’existe aucune étude valide prouvant que le calcium laitier joue un rôle sur la densité osseuse. A l’inverse, les études indépendantes qui ont étudié le sujet (2,3,4) ne sont pas parvenues à conclure que le calcium joue un rôle sur la masse osseuse.

« Mais pourtant, c’est bien connu, le lait permet d’avoir des os solides, et de réduire le risque de fracture ! »

Malheureusement c’est faux. Aucune étude ne prouve que le calcium laitier joue un rôle dans la solidité des os, et le risque de fractures (5,6,7,8,9,10). A l’inverse, il existe un « Paradoxe du calcium » : toutes les études épidémiologiques (étude des facteurs influant sur la santé et les maladies) montrent que les pays qui consomment le moins de lait ont des os en meilleure santé, alors que les pays les plus consommateurs ont un taux de fractures bien plus élevé.

Pour résumer, le calcium laitier ne rend pas nos os plus solides, et ne nous fera pas éviter des fractures. Et c’est peut être la tendance inverse qui pourrait être vérifiée dans le futur. Si vous voulez éviter l’ostéoporose, pratiquez un exercice physique et consommez des vitamines D, K  et A (tout en maintenant un apport normal de calcium), ce sera plus efficace que vous noyer dans le lait.

chut, mensonge

« Heureusement, le lait permet de mieux digérer, d’améliorer son immunité, et même de mincir ! »

Encore une fois, c’est faux. Comme vous le verrez plus bas dans cet article, si les produits laitiers n’ont pas de réel bienfait, ils sont en revanche liés à certaines maladies et cancers, et une grande partie de la population y est intolérante.
De même, les études ayant étudié le rôle des laitages dans la perte de poids ne prouvent aucune relation de cause à effet. Le lait ne fait pas maigrir. (11,12,13)

Mais alors, si aucun bienfait des produits laitiers n’est prouvé, pourquoi nous encourage-t-on à le consommer quotidiennement à plusieurs reprises, et à le faire consommer à nos enfants ?

Tout simplement parce qu’avant la santé d’une population, il y a les profits d’une industrie.

L'industrie laitière : des vaches traites à la chaine

 

L’industrie laitière : les profits avant la santé

L’industrie du lait s’est développée très rapidement après la deuxième guerre mondiale, durant les Trentes Glorieuses et jusqu’à nos jours. Depuis 50 ans, cette industrie exerce une activité de lobby sur les politiques en place, mais également sur les agences sanitaires et les médecins, que ce soit aux États-Unis, en Europe, en France.

Pour plus de détails sur la réussite de cette industrie, et sur la manière dont les produits laitiers ont été progressivement imposés dans notre quotidien, je vous renvoie à nouveau vers le livre de Thierry Souccar (1), qui l’explique en détail, références historiques et documentées à l’appui.

En plus de 50 ans de lobby, l’industrie laitière a connu une croissance exponentielle, et représente aujourd’hui un géant inébranlable. L’industrie laitière représente 20% du chiffre d’affaire de l’industrie agro-alimentaire française, embauche actuellement plus de 180 000 personnes, et est le premier annonceur publicitaire français.

Propagande laitière

Un exemple de propagande laitière – Un tweet du CERIN

On comprend rapidement pourquoi, avec tant d’intérêts en jeu, les produits laitiers maintiennent une place de choix dans notre alimentation.

La force de l’industrie laitière, c’est aussi sa capacité à tisser des liens avec des personnes clés pour son maintient et sa croissance. Ainsi, elle entretient des relations étroites avec des médecins, des chercheurs et des organismes publics.  L’industrie est également à l’origine d’institutions faisant la promotion des produits laitiers (fédération nationale des producteurs de lait, fédération nationale des coopératives laitières, fédération nationale des industries laitières), qui ont également créé d’autres organismes, comme la CNIEL (centre national interprofessionnel de l’économie laitière), le CIDIL (centre interprofessionnel de documentation et d’information laitières), ou encore le CERIN (centre de recherche et d’information nutritionnelles).

Aujourd’hui, ces « institutions » aux noms rassurants continuent à faire la promotion intensive des laitages, et à implanter des idées fausses dans les cerveaux des français. Les bienfaits attribués aux produits laitiers ne sont en aucune manière prouvés.

Un autre tweet non fondé du CERIN

Un autre tweet non fondé du CERIN

Comment penser objectivement le rôle et les effets des produits laitiers, quand toutes les institutions de santé auxquelles nous souhaitons faire confiance sont inséparables de l’industrie en question ? Nous ne pouvons pas.

Or, comme vous allez le voir, les produits laitiers présentent potentiellement plus d’effets négatifs sur la santé que de bienfaits. Ce qui souligne le scandale dans lequel nous nous trouvons, où la mauvaise information et la propagande ont infiltré le milieu de la santé, des diététiciens et des médecins.

 

Et l’homme survécut des millions d’années sans lait

Actuellement, l’être humain est le seul mammifère à consommer le lait d’une autre espèce. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Avant qu’on nous incite constamment à consommer des laitages pour protéger notre santé, l’homme a vécu des millions d’années… sans boire de lait.

Nos ancêtres chasseurs cueilleurs (toute la période avant la l’apparition de l’agriculture et de l’élevage) n’en consommaient pas du tout, et il ne semble pas qu’ils soient décédés d’ostéoporose, ou encore d’absence de croissance.

Nos gènes sont hérités de nos ancêtres, et évoluent progressivement avec le temps. Et la première consommation humaine du lait d’un autre animal remonterait à 6 000 ans. 6 000 ans, sur une échelle d’évolution de l’homme de 7 millions d’années, correspond à une goutte dans l’océan.

Pourquoi notre santé dépendrait-elle aujourd’hui du lait alors que l’humanité a vécu sans ce produit la majorité de son existence ? 

Des produits laitiers en supermarché

 

La réalité niée et enterrée : le lait pourrait favoriser maladies et cancers

Si, outre l’apport de calcium, aucun bienfait des produits laitiers n’a été prouvé, en revanche de nombreux liens entre les laitages et des maladies et des types de cancers ont été établis.

En effet, une analyse de la littérature scientifique sur le sujet montre que les laitages pourraient augmenter les risque de problèmes de santé comme l’ostéoporose (quoi ? ne devrait-ce pas être l’inverse ?), certains cancers (prostate, testicules, sein) ou encore le risque de développer un diabète de type 1 chez les personnes génétiquement prédisposées.

Voici quelques un des risques que nous font courir les produits laitiers :

  • Le Lactose : un poison pour 75% de la planète

Comme nous l’avons vu au début de l’article, le lait contient un sucre, appelé Lactose. Actuellement, 75% des habitants de la planète ne pourraient pas digérer ce sucre.(14)

Les effets du lactose chez les intolérants sont plusieurs :

– Douleurs intestinales,
– Ballonnements,
– Diarrhées.

Seuls les bébés peuvent digérer le lactose grâce à un enzyme qu’ils produisent durant toute la période de leur allaitement : la lactase. Une fois la petite enfance et la période d’allaitement terminées, le corps cesse de produire cette enzyme. Ce fonctionnement du corps nous vient des 7 millions d’années d’évolution des mammifères que nous sommes, et actuellement les mammifères digérant le lait représentent une exception.

Certaines zones du globe présentent en effet des populations plus ou moins tolérantes. Et la bonne nouvelle c’est qu’en France 60% des gens digèrent le lait. Si vous ne ressentez pas les symptômes décris plus haut, alors vous pouvez consommer des laitages avec parcimonie. Dans le cas contraire, mieux vaut arrêter la plupart de laitages, à l’exception des fromages qui contiennent moins de lactase (j’en connais qui vont être content d’entendre ça).

Un étale de fromages

  • L’hormone IGF-1 : un facteur d’accélération de l’ostéoporose et de cancers

L’hormone IGF-1 est une hormone de croissance présente dans notre corps, et qui permet le renouvellement de nos cellules. Cette hormone est indispensable, car c’est par exemple elle qui aide nos muscles à se réparer après un effort, ou une plaie à se refermer.

Or, notre corps n’a nullement besoin d’augmenter systématiquement ses taux d’IGF-1. Ceux-ci s’adaptent et augmentent quand cela est nécessaire. Si le taux d’IGF-1 reste élevé constamment, alors des effets négatifs peuvent apparaître : alors que les cellules malades doivent normalement se « suicider » dans le corps humain, un taux élevé systémique d’IGF-1 va empêcher ces cellules de disparaître, et va au contraire les faire proliférer.

C’est ainsi que des cellules cancéreuses (des cellules malades) peuvent se multiplier au lieu de disparaître, et un cancer s’accélérer. Il ne faut donc pas modifier la concentration d’IGF-1 dans notre corps.

Le problème, c’est que plusieurs études prouvent que les produits laitiers entraînent une augmentation du taux d’IGF-1 dans le sang (15,16,17,18,19,20). Les produits laitiers pourraient jouer le rôle d’accélérateurs de certains cancers, en empêchant l’organisme de se défendre et en faisant proliférer les cellules malades.

  • La résistance à l’insuline générée par la consommation de laitages

Comme vous le savez, surveiller l’index glycémique et la charge glycémique est important pour limiter le niveau de glycémie sanguin, limiter la sécrétion d’insuline par le corps, et prévenir deux maux à la fois : un stockage de graisse excédentaire et une résistance à l’insuline.

Si les produits laitiers ont un index glycémique relativement faible, ils stimulent en revanche énormément la sécrétion d’insuline (21,22,23) . Et malheureusement, l’un des principaux facteurs de résistance à l’insuline est la sécrétion trop importante de celle-ci.

Pour rappel, la résistance à l’insuline peut mener à terme à un diabète de type 2.

Assortiment de produits laitiers

  • L’ostéoporose ? Une conséquence possible de la consommation de laitages ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le lait ne joue en réalité aucun rôle dans la prévention de l’ostéoporose. Ce qui est inquiétant en revanche, c’est que celui-ci pourrait jouer le rôle inverse, comme le suggèrent plusieurs études d’observations sur les origines de l’ostéoporose.

Tout au long de notre vie, la santé de nos os est préservée grâce à un remodelage osseux continu. Concrètement, notre corps répare automatiquement le tissu osseux abimé. Encore une fois, notre capital génétique, hérité de millions d’années sans consommation de lait, n’est pas adapté à une modification de la vitesse de son remodelage osseux.

Or, c’est précisément l’effet qu’exerceraient les produits laitiers sur le corps humain. L’action conjointe du calcium laitier et de l’hormone IGF-1 accélérerait le remodelage osseux chez les personnes consommant de nombreux laitages quotidiennement. Notre corps n’étant pas adapté à cette accélération, notre capacité à « remodeler » notre tissu osseux finit par s’épuiser, entraînant l’ostéoporose.

Il n’existe cependant pas de lien direct entre le lait et l’ostéoporose, et il est actuellement impossible de conclure que les laitages entraînent directement l’ostéoporose. Toutefois, les études d’observation révèlent pour la plupart cette tendance, et il est prudent de ne pas abuser des laitages.

Industrie du lait

 

Le lait industriel moderne : un lait encore plus déséquilibré

Rappelez-vous la belle époque, où le fermier allait chercher sa vache dans le champ pour la traire, puis versait son lait dans une bouteille pour le consommer cru ou bouilli. Nous sommes bien loin de cette époque aujourd’hui. Pour le meilleur, et pour le pire.

Si la pasteurisation du lait, et d’autres procédés chimiques ont permis à l’homme d’éviter l’ingestion de certains composants du lait de vache (insuline bovine, bactéries, etc.), d’autres problèmes sont apparus avec la production de masse et l’industrialisation.

Aujourd’hui, une vache produit en moyenne 20 litres de lait par jour (contre 4 litres 60 ans plus tôt), grâce à une alimentation modifiée, des traites beaucoup plus régulières, un croisement scientifique des races, des inséminations artificielles, etc.

On ne peut pas stopper le progrès bien sur. Mais quand celui-ci met en danger notre santé, on peut tout le même questionner sa mise en œuvre.

Aujourd’hui, la grande majorité du lait que nous consommons provient de vaches traites en gestation, à la fin de leur période de grossesse. Pendant cette période, la concentration en estrogène du lait atteint son niveau maximum. L’estrogène est une hormone féminisante produite en grande quantité par les femmes et en faible quantité par les hommes, et dont le rôle sur certains cancers (testicules, cancer du sein, prostate) peut interroger (24,25).

De même, le lait moderne n’échappe pas aux pesticides et aux acides gras trans, et les laitages viennent en ajouter en quantité à notre balance. Viennent ensuite les bouteilles en plastiques utilisées pour le lait, comprenant toutes des phtalates, mais aussi le bisphénol A, souvent décrié. Si ses substances sont souvent présentes dans les emballages plastiques modernes, leur concentration est plus élevée dans les laitages, et à termes des conséquences pourraient se manifester (26)(surpoids, perméabilité intestinale).

Du calcium solide

 

De quelle quantité de calcium avez-vous besoin ? Où le trouver ailleurs que dans les laitages ?

Après avoir fait le point sur les maladies que nous pourrions développer du fait d’une surconsommation de lait, passons à présent au calcium. Le calcium est un minéral, que l’on retrouve pour 99% dans les os et les dents. Le calcium a pour rôle de construire les os, mais aussi d’autres fonctions comme la régulation du rythme cardiaque.

Une des questions récurrente dans le débat des produits laitiers est le calcium. En effet, les produits laitiers seraient les seuls aliments pouvant nous apporter ce précieux élément.

C’est heureusement faux.

Mais adressons tout d’abord notre besoin en calcium. De quelle quantité a-t-on besoin quotidiennement ?

Si l’on s’en tient à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (ANSES), l’agence qui définit nos besoins alimentaire en France, nous devrions consommer (27):

  • 500 mg par jour quand nous sommes nourrissons
  • 700 mg par jour de 4 à 6 ans
  • 900 mg par jour de 7 à 9 ans
  • 1200 mg par jour pour les personnes entre 9 et 18 ans
  • 900 mg pour les personnes entre 19 et 50 ans
  • 1200 mg pour les personnes de plus de 50 ans.

S’il est difficile de s’en rendre compte avec de simples chiffres, ces montants sont relativement élevés. Même s’il existe de nombreuses sources de calcium, ce montant semble difficile à atteindre sans produits laitiers.

Alors pourquoi ce chiffre est-il si élevé ? Si l’on regarde de plus près, l’ANSES ne met aucune étude scientifique à disposition pour justifier ces recommandations. En revanche, ce que l’on peut constater, c’est que parmi les personnes en charge de déterminer notre besoin en calcium, plus de 80% d’entre elles ont des liens avec l’industrie laitière (28). Une nouvelle preuve de la détermination du lobby laitier de nous faire consommer  ses produits.

Maintenant, si l’on prend en compte la recommandation d’un organisme dit « indépendant » comme l’Organisation Mondiale de la Santé, le besoin exprimé est différent.

Celui-ci serait de 520 mg par jour. On est déjà bien plus bas que les recommandations françaises. Mais le rapport de l’OMS précise également qu’avec une alimentation limitée en sel et protéine, et riche en végétaux et vitamine D, ce besoin tombe à 450 mg par jour. (29) Or, c’est exactement le régime que nous vous recommandons.

Maintenant, comment nous procurer ses 450 mg de calcium par jour ?

Voici une belle variété d’aliments que vous pouvez consommer chaque jour pour obtenir du calcium (30):

AlimentTeneur en calcium (en mg pour 100g d'aliment)
Abricot frais15.6
Amande248
Ananas frais20.3
Anchois à l'huile296
Avocat10.8
Beurre doux16.5
Brocoli cuit55.8
Camembert490
Cardon cru58.5
Carotte cuite46
Cassis frais60
Céleri53.3
Chou blanc cru50
Chou rouge cru49.8
Chou rouge cuit53.7
Chou vert cuit58.5
Choufleur cru23.8
Clémentine ou mandarine fraîche25.2
Concombre cru14
Courgette cuite20.3
Cresson cru130
Dinde rôtie21.6
Emmental971
Endive cuite42.2
Epinard cru98.2
Epinard cuit141
Fraise fraiche14.9
Fruits rouges frais27.1
Gorgonzola612
Gratin dauphinois45.3
Gratin de choufleur96.6
Gratin de légumes83.1
Grâtin de pates116
Groseille fraîche36
Haricot blanc68.3
Haricot vert cuit56.3
Kiwi frais26.6
Lait demi-écrémé pasteurisé119
Lait entier UHT112
Laitue crue44.7
Lasagnes47.5
Lentilles29
Mâche crue90.7
Maquerau123
Mozzarella495
Müre fraiche41
Noisette135
Noix du Brésil150
Œuf à la coque69.9
Œuf au plat57
Œuf cru68.6
Œuf dur41
Œuf poché68.2
Oignon cru31
Orange fraiche39
Pain de mie complet87
Parmesan1200
Patate douce cuite32.5
Pâtes complètes cuites22.8
Pêche fraiche7.32
Petit pois cuit33.5
Piaint blanc52.4
Pissenlit cru62.2
Poire fraiche7.3
Poireau cru27.4
Poivrons9
Pomme de terre cuite à l'eau10.5
Pomme fraiche5.12
Porc (travers)30.4
Poulet rôti34.1
Purée de pomme de terre30.3
Purée de tomate32.6
Radis noir cru53.8
Radis rouge cru30.6
Reblochon493
Riz complet cuit19.8
Roquefort601
Salade verte48.7
Sardine à la sauce tomate, appertisée, égoutée404
Sardine à l'huile d'olive, en conserve, égoutée798
Scarole crue65.5
Steak haché24
Tofu80.2
Tomate34
Veau (côte)29
Zeste de citron171

 

Concrètement, en mangeant de manière équilibrée, en privilégiant des aliments variés, non transformés (et bio de préférence), vous trouverez largement votre dose de calcium chaque jour. De plus, il est tout à fait possible de consommer un laitage par jour, qui contribuera en partie à remplir le besoin en calcium. Les légumes, les poissons, les graines, sont également d’excellentes sources de calcium.

Pas de panique, l’homme a vécu la grande majorité de son existence sans laitage, vous ne subirez pas un déficit en calcium si vous les supprimez !

Des légumes riches en calcium

 

Finalement, devez-vous boire du lait ?

Vous l’avez compris, le lait n’est pas l’élément parfait, essentiel à votre survie, tel qu’il est présenté par nos médias, les agences sanitaires (ce qui est triste), ou encore nos médecins (ce qui est encore plus triste). Et il est loin d’être votre seule source de calcium, surtout par rapport à nos besoins réels.

Toutefois, le but de cet article n’est pas de la diaboliser, mais uniquement de rétablir la vérité sur ce produit. Les faits sont les suivants : une partie de la population ne digère pas le lait, et ce dernier n’a finalement aucun aspect positif indispensable sur la santé des os ou pour prévenir l’ostéoporose. En revanche, de nombreux risques de cancers et des types de diabètes pourraient lui être attribué.

Du fromage

Je résumerais donc la situation globale de la manière suivante :

« Éviter les laitages ne présente aucun risque, et limiter leur consommation pourrait générer des bénéfices énormes pour la santé ».

Vous avez compris l’esprit. Les recommandations officielles, 3 ou 4 laitages par jour, présentent plus de risques que de bénéfices. Veillez donc à vous tenir en dehors de la zone de risque, en limitant votre apport par exemple à un produit laitier par jour.

La France dispose d’une tradition culinaire liée aux laitages, que je ne remets nullement en cause. C’est l’excès, et la fausse image attribuée à ce produit pour générer des profits qui doivent être réalisés. Les laitages n’en restent pas moins une envie culinaire pour de nombreuses personnes, et en consommer 1 fois par jour en quantité raisonnable (un verre de lait, un morceau de fromage) n’aura pas d’effets négatifs sur votre santé, sauf en cas d’intolérance.

Il existe tout de même certains cas (nourrissons par exemple), pour lesquels je déconseille la consommation de laitages.

Si vous voulez vous faire un avis plus précis, en découvrant plus d’études sur le sujet, je vous conseille l’ouvrage de Thierry Souccar, « Lait, mensonges et propagande », qui est excellent. Ce livre est vraiment la référence sur le sujet, et son approche est complète.

Et si vous avez des questions sur des aspects du sujet que je n’aurais pas traité, n’hésitez pas à nous écrire, ou à laisser un commentaire. Nous serons heureux de vous répondre !

 

Références : 

(1) Thierry Souccar. Lait, mensonges et propagande. Thierry Souccar Editions, 2008.

(2) Heaney RP, Gallagher JC, Johnston CC, Neer R, Parfitt AM, Whedon GD. Calcium nutrition and bone health in the elderly. Am J Clin Nutr. 1982 Nov;36(5 Suppl):986-1013.

(3) Welten DC, Kemper HC, Post GB, van Staveren WA. A meta-analysis of the effect of calcium intake on bone mass in young and middle aged females and males. J Nutr. 1995 Nov;125(11):2802-13.

(4) Kardinaal AF, Ando S, Charles P, Charzewska J, Rotily M, Väänänen K, Van Erp-Baart AM, Heikkinen J, Thomsen J, Maggiolini M, Deloraine A, Chabros E, Juvin R, Schaafsma G. Dietary calcium and bone density in adolescent girls and young women in Europe. J Bone Miner Res. 1999 Apr;14(4):583-92.

(5) Shea B, Wells G, Cranney A, Zytaruk N, Robinson V, Griffith L, Hamel C, Ortiz Z, Peterson J, Adachi J, Tugwell P, Guyatt G; Osteoporosis Methodology Group; Osteoporosis Research Advisory Group. Calcium supplementation on bone loss in postmenopausal women. Cochrane Database Syst Rev. 2004;(1):CD004526.

(6) Cheng S, Lyytikäinen A, Kröger H, Lamberg-Allardt C, Alén M, Koistinen A, Wang QJ, Suuriniemi M, Suominen H, Mahonen A, Nicholson PH, Ivaska KK, Korpela R, Ohlsson C, Väänänen KH, Tylavsky F. Effects of calcium, dairy product, and vitamin D supplementation on bone mass accrual and body composition in 10-12-y-old girls: a 2-y randomized trial. Am J Clin Nutr. 2005 Nov;82(5):1115-26; quiz 1147-8.

(7) Bischoff-Ferrari HA, Dawson-Hughes B, Baron JA, Burckhardt P, Li R, Spiegelman D, Specker B, Orav JE, Wong JB, Staehelin HB, O’Reilly E, Kiel DP, Willett WC. Calcium intake and hip fracture risk in men and women: a meta-analysis of prospective cohort studies and randomized controlled trials. Am J Clin Nutr. 2007 Dec;86(6):1780-90.

(8) Jackson RD, LaCroix AZ, Gass M, Wallace RB, Robbins J, Lewis CE, Bassford T, Beresford SA, Black HR, Blanchette P, Bonds DE, Brunner RL, Brzyski RG, Caan B, Cauley JA, Chlebowski RT, Cummings SR, Granek I, Hays J, Heiss G, Hendrix SL, Howard BV, Hsia J, Hubbell FA, Johnson KC, Judd H, Kotchen JM, Kuller LH, Langer RD, Lasser NL, Limacher MC, Ludlam S, Manson JE, Margolis KL, McGowan J, Ockene JK, O’Sullivan MJ, Phillips L, Prentice RL, Sarto GE, Stefanick ML, Van Horn L, Wactawski-Wende J, Whitlock E, Anderson GL, Assaf AR, Barad D; Women’s Health Initiative Investigators. Calcium plus vitamin D supplementation and the risk of fractures. N Engl J Med. 2006 Feb 16;354(7):669-83.

(9) Lanou AJ, Berkow SE, Barnard ND. Calcium, dairy products, and bone health in children and young adults: a reevaluation of the evidence. 2005 Mar;115(3):736-43.

(10) Winzenberg T1, Shaw K, Fryer J, Jones G. Effects of calcium supplementation on bone density in healthy children: meta-analysis of randomised controlled trials. 2006 Oct 14;333(7572):775. Epub 2006 Sep 15.

(11) Thompson WG, Rostad Holdman N, Janzow DJ, Slezak JM, Morris KL, Zemel MB. Effect of energy-reduced diets high in dairy products and fiber on weight loss in obese adults. Obes Res. 2005 Aug;13(8):1344-53.

(12) Trowman R, Dumville JC, Hahn S, Torgerson DJ. A systematic review of the effects of calcium supplementation on body weight. Br J Nutr. 2006 Jun;95(6):1033-8.

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(24) Ganmaa D, Sato A. The possible role of female sex hormones in milk from pregnant cows in the development of breast, ovarian and corpus uteri cancers. Med Hypotheses. 2005;65(6):1028-37. Epub 2005 Aug 24.

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(27) https://www.anses.fr/fr/content/le-calcium

(28) https://www.anses.fr/fr/content/les-d%C3%A9clarations-publiques-dint%C3%A9r%C3%AAts

(29) ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/004/y2809e/y2809e00.pdf

(30) Table de composition nutritionelle Ciqual (2013) : https://pro.anses.fr/TableCIQUAL/index.htm

5 Comments

  1. Laurent dit :

    6000 ans sans lait pour l’humanité c’est donc qu’il ne lui est pas indispensable. Comme l’écriture quoi !
    Drôle de raccourci, par là très peu de choses sont indispensables et on devrait retourner dans des cavernes …

    • Laurent dit :

      Je me permets un petit ajout. Votre article ne contient que deux fois le mot « protéine » d’un côté.
      D’un autre vous faites de la pub pour la « Whey Protéine d’Alter nutrition » … qui est de la protéine extraite …. du lait !

      C’est un additif alimentaire industriel et de la part d’un site qui milite,avec raison de, consommer plus naturel et moins de produits transformés, je trouve ça étrange !
      La farine blanche NON, le sucre blanc NON mais la poudre de lait blanche OUI.

      Voila mes interrogations :)

    • AntoineAntoine dit :

      Bonjour Laurent,

      j’ai peut-être mal compris votre phrase, mais la whey n’a rien d’un additif. Des wheys existantes sur le marché peuvent contenir des additifs (comme la lécithine de soja ou l’acésulfame K par exemple), mais ce n’est pas le cas des produits que nous mettons en avant sur notre page Ressources. Ensuite nous promouvons à la fois des protéines végétales et animales (de la marque Alter Nutrition donc pour ces dernières). La prise de protéines en tant que complément alimentaire devient nécessaire pour les sportifs de force à partir d’un certain niveau de pratique et de volume d’entraînement, pour la récupération autant que pour la construction musculaire (et donc la performance). Ingérer la quantité de protéines nécessaire peut se faire sans supplémentation à base de poudre (qu’elles soient d’origine végétale ou animale), mais cela est peu réalisable dans la pratique. Pour revenir à la protéine de whey, il se trouve qu’elle dispose d’une meilleure digestibilité et d’un meilleur taux de rétention que les protéines végétales, ce qui, dans le cadre d’une optimisation d’un régime alimentaire pour la pratique d’un sport de force, est un argument qui peut facilement convaincre. Quand bien même, c’est à chacun de faire ses choix, nous essayons avec ce site de donner à nos lecteurs une vision la plus large possible des contextes à considérer derrière tous ces choix à faire, que cela soit du point de vue de la santé, de la pratique sportive, de l’éthique et de l’écologie. J’admets en revanche bien volontiers que cela peut vite devenir un peu paradoxal selon que l’on se place depuis tel ou tel point de vue…

      Merci pour vos commentaires et de nous lire en tout cas, et à bientôt !

      Antoine

  2. valérie dit :

    J’adore vos articles, merci , bravo

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